Connaissez-vous l’URFI, l’unité de réadaptation fonctionnelle intensive, située à l’Hôpital de Jonquière? Plus qu’une unité de soins, c’est un véritable milieu de vie, où les efforts et la fierté s’entrecroisent, où des liens précieux se créent et où les victoires sont célébrées. Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Régis Brassard, éducateur spécialisé, qui n’a que de bons mots à l’égard de cette unité bien particulière qu’il a rejointe il y a quelque temps, et à laquelle il apporte sa touche de couleur en organisant des activités des plus variées.
Tout d’abord, il faut savoir que l’URFI, qui fait partie du centre de réadaptation en déficience physique (CRDP) du CIUSSS, accueille principalement des personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC), un traumatisme craniocérébral (TCC) ou ayant reçu un autre diagnostic neurologique présentant un potentiel de réadaptation ou d’adaptation. L’objectif? Retrouver certaines capacités et être en mesure de reprendre des activités de la vie quotidienne et domestique, comme la marche, le retour à la maison ou la conduite automobile. Les séjours varient de quelques jours à 4 mois, selon les besoins, et la réadaptation est intensive, comme son nom l’indique : trois à quatre thérapies par jour.
Dans ces lieux chaleureux, qui comprennent même un appartement, la persévérance est au rendez-vous, tout comme la bonne humeur et la convivialité. « L’URFI, ce n’est pas une unité de soins standard, c’est vraiment un milieu de vie où se côtoient les soins à l’usager et la réadaptation. Au fil des semaines, nous apprenons à connaître nos patients, mais aussi leurs proches. Pendant leur séjour, nous faisons un peu partie de la famille! », souligne l’éducateur d’expérience.
Afin d’atteindre des objectifs de réadaptation ciblés, l’équipe interdisciplinaire de l’URFI veille à imaginer de nouvelles activités favorisant l’implication de l’usager. Les intervenants s’adaptent aux intérêts de chaque personne, qu’il s’agisse de faire la cuisine, regarder des vidéos ou encore jouer à des jeux. Par exemple, l’exercice de station debout peut s’effectuer en jouant aux cartes. En détournant l’attention de la technique, le temps passe plus vite et la personne est souvent agréablement surprise d’avoir réussi à maintenir la position aussi longtemps!
Toujours à l’affût de nouvelles opportunités pour enrichir les programmes de réadaptation, Régis Brassard est à l’origine d’un magnifique partenariat avec l’école de coiffure L’OASIS. Chaque lundi matin, sous la supervision de leur enseignante responsable Érika Talon, les étudiants Ariane Langevin et André Pierre Pageau arrivent à l’URFI avec tout le matériel nécessaire pour offrir gracieusement coupe, coloration et mise en plis. Cette visite, attendue avec impatience, favorise l’estime de soi et permet aussi de briser l’isolement. Mais ce n’est pas qu’une pause beauté. Certes, nos usagers et usagères rayonnent et se font même applaudir lorsqu’ils se présentent à la salle à manger avec leur nouvelle coiffure. Cependant, pendant qu’ils se font coiffer, ils demeurent en action. En effet, tous les objectifs de réadaptation sont intégrés à ce projet. Ergothérapeute, physiothérapeute, neuropsychologue, orthophoniste, travailleur social, technicien en réadaptation, éducateur spécialisé… Tous collaborent et interviennent selon les besoins. Par exemple, les usagers sont amenés à effectuer des déplacements physiques en transférant d’une chaise à l’autre ou encore à s’exprimer devant un miroir. « J’oublie que je suis au centre de réadaptation! » est une phrase que l’on entend fréquemment lors de ces précieux rendez-vous.
Autre projet porteur développé grâce à l’implication de M. Brassard : les visites régulières des enfants du CPE Le Jardin Ensanté, situé juste à côté de l’URFI. Toutes les six semaines, les tout-petits viennent participer à une activité thérapeutique avec les patients. Selon la thématique (Noël, St-Valentin, etc.), des rallyes, défis sportifs et autres activités sont organisés. Cette initiative est très appréciée des usagères et usagers, qui expriment parfois l’ennui de leurs petits-enfants. La présence des enfants amène une dynamique nouvelle et chacun bénéficie à sa manière de ces joyeuses rencontres intergénérationnelles.
Enfin, depuis quelques mois, une belle tradition vient marquer la fin d’un séjour à l’URFI. La personne se voit attribuer un cadenas avec un numéro qui lui est propre et celui-ci est installé sur la clôture de l’URFI, en souvenir de son passage et des efforts déployés au fil des semaines. L’évènement symbolique a lieu au départ de la personne, une belle manière de se dire au revoir et de souligner le début d’une nouvelle aventure qui commence.
Régis Brassard se réjouit de pouvoir faire la différence en mettant en place de telles initiatives. Il rappelle cependant que rien de tout cela ne serait possible sans la contribution de toute l’équipe, investie et toujours enthousiaste face aux nouvelles idées. Il souligne également l’ouverture de son gestionnaire, qui lui offre la liberté de sortir du cadre. Grâce à ce remarquable engagement collectif, chaque personne accueillie à l’URFI vit une expérience positive et unique, qui va bien au-delà de l’atteinte de ses objectifs physiques!





