La bienveillance est aujourd’hui un mot largement utilisé. Si cette popularité témoigne d’un réel désir de mieux-être, elle peut aussi en diluer le sens. Pourtant, la bienveillance authentique, sincère et incarnée, demeure essentielle, particulièrement dans nos milieux de travail humains, complexes et exigeants.

La bienveillance est une disposition d’esprit qui porte à vouloir du bien à autrui, à adopter une attitude compréhensive, indulgente et favorable envers les autres.

Un besoin humain fondamental

La bienveillance répond à des besoins affectifs fondamentaux : être reconnu, appartenir, contribuer, créer du lien et donner du sens à ce que nous faisons. Elle nourrit ce qui nous relie profondément comme êtres humains et renforce notre capacité à traverser ensemble les défis.
Elle est à la fois :

  • un besoin humain
  • une valeur universelle
  • une philosophie de vie, comme le souligne la praticienne narrative Dina Scherrer

Les recherches en neurosciences (notamment celles de Tania Singer, psychologue et neuroscientifique sociale) montrent que la bienveillance et l’altruisme peuvent se développer et s’entraîner, transformant à la fois notre rapport à nous-mêmes et aux autres.

Une valeur au cœur du CIUSSS

Au CIUSSS, la bienveillance s’inscrit pleinement dans nos valeurs organisationnelles :

  • Bienveillance, en plaçant l’humain au centre de nos actions
  • Excellence, en reconnaissant que la qualité des soins et des services passe aussi par la qualité des relations
  • Collaboration, en favorisant l’entraide, la confiance et la coresponsabilité

La légende du colibri telle que la raconte Pierre Rabhi, écrivain et philosophe :

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri! Tu n’es pas fou? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu! »Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Le réseau des veilleurs : faire sa part

À l’image de la légende du colibri, le réseau des veilleurs incarne cette bienveillance en action. Chaque veilleur, par de petits gestes concrets – observer, écouter, orienter, soutenir – fait sa part. Même modestes en apparence, ces gestes ont un impact réel et parfois déterminant pour un ou une collègue.
Être veilleur, c’est :

  • Porter attention à l’autre
  • Créer un espace sécurisant
  • Agir avec respect, discrétion et humanité
  • Contribuer à une culture organisationnelle plus solidaire

Posologie de la bienveillance

À utiliser tous les jours, sans modération et sans risque de surdosage.

Convient à toutes et tous, en milieu professionnel comme personnel.

Ingrédients :
1 dose d’écoute réelle, 2 cuillères de patience, une pincée de douceur dans le ton, une poignée de curiosité bienveillante, un soupçon d’humour, au besoin et une grande quantité de respect (à volonté).

Mode d’emploi :

  • S’adresser aux autres avec attention
  • Pratiquer l’écoute active
  • Reconnaître l’effort, pas seulement le résultat
  • Prendre le temps de respirer avant de réagir
  • Choisir la curiosité plutôt que le jugement
  • Déposer une touche de douceur dans les communications
  • Exprimer clairement ses besoins

Mise en garde : La bienveillance n’est durable que si elle inclut l’autobienveillance.

  • Vérifier régulièrement son niveau d’énergie personnelle
  • S’autoriser le repos, l’imperfection et les limites
  • Ne pas s’oublier au profit des autres
  • Se rappeler que dire « non » peut être un acte de bienveillance… envers soi-même

Effets secondaires possibles :

  • Diminution du stress
  • Relations plus harmonieuses
  • Sentiment accru de sens, de cohérence et de calme
  • Propagation spontanée de bienveillance chez les collègues (phénomène contagieux documenté 😉)

Quels sont les bienfaits de la bienveillance?

Pour soi

  • Diminution du stress
  • Meilleure régulation émotionnelle
  • Sentiment de sens et d’utilité
  • Renforcement de la motivation et des relations

Pour les autres et le milieu

  • Climat de travail plus harmonieux
  • Soutien accru dans les moments sensibles
  • Effet domino de comportements prosociaux
  • Facteur de protection psychologique reconnu

Bref, lorsque nous entreprenons une bonne action envers quelqu’un, le circuit de la récompense de notre cerveau est activé et un sentiment de satisfaction et d’harmonie s’installe. Celui-ci vient renforcer de manière positive notre comportement, nous incitant, par le fait même, à répéter le geste pour revivre cet état de satisfaction. Ces changements inconscients de comportement peuvent avoir pour effet de nous apaiser, ce qui entraîne des bienfaits sur notre santé.

En conclusion

Nous avons tous le pouvoir de choisir d’intégrer plus de bienveillance dans notre quotidien.

Chacun de nous peut, à son échelle, contribuer à rendre la vie un peu plus douce pour l’autre. Comme le colibri, nous faisons notre part – et ensemble, cela change beaucoup.

La bienveillance se cultive comme une compétence, un choix et parfois même une discipline intérieure.

La bienveillance est à l’humanité ce que l’air est à nos poumons.

Isabelle Dallaire

Rédigé par Isabelle Dallaire
Travailleuse sociale, personne-ressource du réseau des veilleurs du CIUSSS SLSJ

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