Dans le cadre de ses fonctions d’éducatrice spécialisée au Programme de soutien intensif de crise en jeunesse du CLSC d’Alma, Mme Michèle Bourdon a réussi à amasser 8400 $ pour un jeune dans le besoin. Cela lui permettra de lui procurer des soins dentaires ainsi qu’un appareil orthodontique.
Mme bourdon a fait preuve de beaucoup de créativité pour la collecte de fonds en effectuant plusieurs démarches auprès de partenaires, d’organismes communautaires et d’associations pour obtenir leur soutien. Les soins que pourra obtenir cette personne lui permettront d’en bénéficier non seulement au niveau de sa santé, mais aussi pour son estime personnelle et son intégration sociale.
Madame Bourdon a accepté de partager son histoire avec nous.
J’ai débuté mon suivi en avril 2021. Le jeune souffrait de phobie sociale et refusait d’aller à l’école. J’ai demandé la permission à ses tuteurs d’éviter le sujet de l’école et d’essayer de comprendre ses résistances. Il m’a expliqué qu’il rêvait d’être comme son avatar qu’il avait inventé dans un jeu vidéo : sociable, drôle, bilingue et capable de tenir une conversation. Le jeune discute avec des gens dans un monde virtuel en se cachant derrière la technologie. C’est là que j’ai été touchée. Je l’ai questionné sur le descriptif de son avatar. Il m’a dit qu’il avait de belles dents. Le jeune m’a alors parlé de ses dents et de l’intimidation qu’il subissait depuis le primaire.
Il m’a dit : J’aimerais tellement avoir des broches, mais mes parents ne pourront jamais m’en offrir…
Michèle Bourdon, éducatrice spécialisée

Je lui ai proposé d’abord qu’on fasse des démarches pour qu’il commence à travailler et je l’ai supporté tout au long de la démarche (préparation d’entrevues, rencontre avec l’employeur, etc.). Le jeune a nommé toutes ses difficultés, l’employeur a fait des pictogrammes pour ses troubles d’apprentissage et a adapté ses tâches pour éviter qu’il croise d’autres jeunes. Je l’ai accompagné pour qu’il ouvre un compte et qu’il puisse économiser un pourcentage de ses payes pour participer au projet d’orthodontie.
J’ai communiqué avec plusieurs organismes au Québec et même avec l’Université Laval pour demander du financement. Il ne remplissait pas les critères étant donné que ses besoins étaient de nature esthétique seulement.
J’ai alors fait des recherches pour trouver un orthodontiste. Ça n’a pas été facile, car avec plus de six mois d’attente ça ne correspondait pas avec la durée de l’épisode de services qui est d’environ trois mois généralement. Le jeune devait obtenir une évaluation de sa condition dentaire et des options qui s’offraient à lui. La clinique dentaire Fournier et Fortin de Roberval a accepté de l’évaluer. Finalement, il avait en plus besoin de traitements et de réparation sur ses dents pour une somme d’environ 1500 $, n’ayant jamais eu de suivi chez un dentiste.
J’ai alors communiqué avec le service budgétaire, avec son école, j’ai écrit des lettres aux différents clubs et clubs féminins de la région, la protection de l’enfance et les différentes fondations à l’enfance. Le Club Kiwanis, le Club Kiwanis féminin d’Alma et le club Richelieu féminin ont été de précieux donateurs, de même que la Saint-Vincent de Paul. L’Opération Père-Noel a aussi accepté de participer.
J’ai sollicité des gens de mon réseau personnel : la boutique Solem et les Graviers Donckin & Fils qui ont offert une contribution financière, ma sœur, touchée par la situation, a contribué avec ses collègues du secteur de Montréal, mes collègues du programme Famille-Enfance-Jeunesse d’Alma se sont aussi impliqués.
Le milieu de travail du jeune par sa souplesse et sa capacité de s’adapter à ses conditions, la souplesse de l’école Curé Hébert et l’implication active de leur agente de sécurité de même que les élèves en entrepreneuriat ont été de précieux alliés tout au long de la démarche.
En tout, c’est une somme de 8200 $ qui a été récoltée et le jeune a pu contribuer pour 300 $. Il a été merveilleusement accompagné par la clinique, qui a offert 300 $ de réduction sur les traitements.
Le jeune aura son appareil orthodontique sous peu.
Cette démarche lui a permis de développer une confiance en lui au niveau du travail et il a appris à économiser. Sa famille a maintenant une grande confiance envers nos services. Pour l’école c’est toujours difficile, mais il se connaît davantage. L’école a investi énormément d’énergie dans ce projet avec moi, ce qui a été bénéfique pour nos collaborations dans le cadre du travail.
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